Mieux connaître l’insuffisance cardiaque pour le professionnel de santé

Par le Docteur Gilles Quiniou, cardiologue, mis à jour le 26 janvier 2020.

Un taux de mortalité ignoré

  • La mortalité de l’insuffisance cardiaque est extrême, et souvent ignorée, puisque 25 % des patients sont décédés à un an, et 50 % à cinq ans (mortalité supérieure à de nombreux cancers, dont le cancer du sein et le cancer de la prostate).
  • Cette maladie touche, 1.3 millions de patients en France, et 12 % de la population au-delà de 60 ans.
  • Il s’agit de la troisième cause de mortalité cardio-vasculaire, derrière les AVC et les infarctus du myocarde.

Plusieurs causes possibles et un diagnostic tardif

  • Bien que le traitement de certaines de ses étiologies (la coronaropathie) est fortement progressé, d’autres causes telle que l’hypertension artérielle (trop souvent sous estimée et non contrôlée dans la moitié des cas) ainsi que les pathologies valvulaires, contribuent à l’augmentation de cette maladie.
  • Son diagnostic est tardif (dans 50 % des cas, au cours de la première hospitalisation), et son coût pour la santé lié principalement, aux dépenses hospitalières (un milliard d’euros, soit les 2/3 du coût de la maladie).
  • Ainsi en service de cardiologie cette pathologie représente, 33 % des séjours ; avec un constat alarmant, lié au taux de ré-hospitalisations, qui atteint plus de 21 % la première année. Dans les trois quarts des cas, cette ré-hospitalisation survient au cours du trimestre, qui suit l’hospitalisation initiale.

La prise en charge de la maladie

  • Face à ces éléments, force est de constater que la proportion de patients traités de manière optimale est faible, qu’il s’agisse de traitement pharmacologique ou électrique. De plus, seulement 10 % des patients reçoivent une éducation thérapeutique.
  • Aussi pour améliorer le pronostic de la maladie, de nombreuses structures et modalités de prise en charge ont été développées ces dernières années.
  • Cette prise en charge, intéresse les différents acteurs impliqués auprès de ces malades que sont : les cardiologues, les médecins généralistes, les infirmier(e)s, mais aussi les kinésithérapeutes, les diététicien(ne)s et les pharmacien(ne)s.

Se former pour mieux connaître l’insuffisance cardiaque

  • La formation médicale continue dans le cadre du DPC, représente un des maillons essentiels de cette amélioration.